Au tout départ, les futurs « comédiens d’un jour » avaient du mal à croire qu’ils auraient quelque chose à présenter à un public mêlant camarades, familles et amis, professionnels du social, amateurs de théâtre.
Encore moins imaginaient-ils que ce public ne viendrait pas simplement par sympathie, curiosité, obligation professionnelle mais aussi, parfois surtout pour le plus beau des motifs : le plaisir partagé.
Mais au fur et à mesure de
la création, des répétitions, un désir, un rêve
fou attisé par la passion, l'exigence du metteur en scène finit
par s’insinuer dans l’esprit des participants :
et si on arrivait à faire passer quelque chose de nous et qui touche
sincèrement le public ?
et si le spectacle devenait une « vraie rencontre » ?
De motif de peur, le public est devenu petit à petit aiguillon et finalement
motivation.

Une pierre sur le chemin,
Vincennes, mai 2005 :
« J’ai vu beaucoup de monde venir.
Ca m’a touché. Après je me disais : on doit se donner
à fond. »
« Je me suis lâché, j’ai
tout donné… »
Printemps 98 : Muraille,
Bussang en mai 1998:
«Le public, ça donne des ailes. »
« On jouait encore mieux face au public. »
« J’ai pris mon pied. Pas de paraître, ou quoi que ce soit. Comme si j’étais sous la douche. Je voyais comment tous ils se donnaient à fond. »
Deux détenus qui ont joué dans «
Eté 80, été 97 »:
« C'était un gros challenge par rapport au public
extérieur et aux détenus, car je suis renfermé sur moi
même. C'était très difficile pour moi. »
« Tous, on a voulu apporter des émotions, du plaisir,
toucher les gens. »
« Je suis vraiment contente de faire un spectacle
devant tout le monde. » Instantanés
: Je, tu, elles, Créteil, novembre 2004
