« Je n’imaginais pas que les répétitions c’était aussi difficile. »
En confiance
Improvisations
Travail de groupe
Répétitions difficiles
L'émotion finale
Entraîné par le public
Nikola, qui a joué dans Un bateau pour l’Europe
aux rencontres de Bussang en mai 2001

Après les séances de découverte, de mise en place des scènes viennent très vite les répétitions.
Pour chaque scène, apprendre son texte, le jeu scénique, articuler, se concentrer, attention aux gestes, à la voix, au placement, à la coordination avec les autres.
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois… un vrai travail, exigeant, astreignant pour les comédiens d’un jour.

Quelques paroles des participants sur la préparation des spectacles joués à la Maison d'arrêt de Fresnes en 1997 et en 1998 :

« On ne savait pas où on allait mettre les pieds, et quand on a eu les textes, on s'est dit qu'on allait pas s'en sortir. »
« Moi, le travail de mémorisation ça m'a replongé dans l'univers scolaire, un cauchemar, la galère des études, vraiment pas la joie. Au départ il y avait un blocage. Et finalement, tout a découlé, pas eu de problème majeur de mémorisation. »

« On pensait que nous, on se met sur la scène, tu dis deux trois mots et tu t'arraches. Mais non, ce n'est pas ça du tout. Tu restes sur la scène, tu recommences, et tu recommences, jusqu'à ce que ce soit parfait. »
« Ce qu'il y a de plutôt chiant, c'est qu'il va falloir faire ça à un moment et puis il va falloir recommencer juste après parce qu'il a changé d'idée. »

« Quand tu rentres en cellule, tu n'as que le théâtre dans la tête. Mon Dieu, tu en as plein la tête. tu repenses toujours au théâtre. Tu ne penses même plus à faire ton courrier, tu ne penses même plus à l'extérieur. »

« Les trois-quatre premiers jours, moi je voyais plutôt du délire, je disais : « il va nous faire passer pour des fous. » Et puis, depuis lundi, j'ai vu quand même qu'on allait arriver à sortir quelque chose de bien pour nous. »
« On a réussi quand même à prendre la position des personnes qu'il fallait faire, qu'il fallait être. Mais vraiment, c'était quand même dur, comme Gérard nous l'avait dit au départ. »

Mots de la fin
« Apprendre les textes… c'était dur car on est tous des dilettantes…On a pas mal ramé. »
Jeunes et apprentis témoignent eux aussi de leurs difficultés mais aussi de la force de leur investissement dans le projet.

Bussang en mai 2001 : « Je faisais des conneries. Ce que je ne supportais pas, c’est que [le formateur] n’était jamais content. » « Je n’imaginais pas que [les répétitions] c’était aussi difficile. Se concentrer. Réfléchir, essayer d’aller droit sur la ligne, ne pas faire des zigzags toutes les cinq minutes. Penser aux autres aussi. »

Bussang en mai 2001 : « J’ai trouvé cela difficile le théâtre. Quand je rentrais chez moi je dormais tout de suite. »

Vincennes en mai 2005 : « Le théâtre, il faut être très concentré. C’est cela le plus gros problème, mais dès qu’on a compris, on s’amuse. »

Manchester en avril 2002 : « À force, il y a des passages que je n’avais plus envie de faire. Une fois que tu es sur scène, tu te dis : heureusement que j’ai répété ! »