Pour créer avec des comédiens d'un jour...
                                     ... d'abord, surmonter les préjugés

« Démarrer le projet avec un groupe positif demande tout un travail de sensibilisation préalable. Il faut dépasser, nous l'avons vu, les préjugés de la plupart des jeunes que nous rencontrons, très négatifs envers le théâtre qu'ils voient comme ennuyeux, ridicule, pas pour eux, etc. Et ils y voient peu d'intérêt concret, sauf parfois pour la capacité à parler, à communiquer.
A l'expérience, les explications orales des formateurs et du metteur en scène ont peu d'effet. Elles restent bien abstraites pour les jeunes et tenter de leur faire pressentir la force de l'expérience serait déplacé, comme le dira Gérard aux jeunes à Bussang : « Pour moi c’était très difficile de vous dire il y a deux mois et demi : attendez, on va vivre des journées magnifiques dont vous allez vous souvenir au moins pour quelques années. Si jamais je vous l'avait dit, vous auriez rigolé. Donc j’ai dit : « Ca va être bien, ça va être de mieux en mieux. » Montrer une vidéo ou faire témoigner un jeune est plus parlant mais peut faire peur : « Dans quoi ils veulent nous embarquer ? »
Nous et nos partenaires employons donc deux moyens : d'abord imposer à tous les jeunes potentiellement intéressés une ou deux séances de formation théâtrale à la communication, ce contact avec l'activité en convainc certains. Et compléter le groupe en orientant avec insistance le choix de certains jeunes vers le projet théâtre.
»

Jérôme Spick « Aventures théâtrales avec des jeunes en parcours d’insertion -
L’expérience de l’association Le Théâtre de l’Imprévu
»
paru en traduction italienne dans Communicazioni Sociali, p.276-300, Milan, février 2002