Un engagement culturel et social
                  
Et si on retombe, quel sens le théâtre?

Jérôme Spick : Notre objectif, c’est d’ouvrir des horizons, mais effectivement, comme Gérard le dit souvent, on n’est pas des magiciens.

Question : Je vois qu’à la fin il y a deux personnes qui sont à Fleury-Mérogis aujourd’hui …

Jérôme Spick : Nous nous sommes dit que vous pourriez avoir effectivement cette question à poser aux deux jeunes qui sont incarcérés à Fleury-Mérogis : “ alors maintenant, que pensent-ils, quel sens cela avait-il pour eux de faire du théâtre ? ”je vais me permettre de lire les lignes très courtes qu’ils ont écrites à ce sujet : “ Après avoir connu le théâtre, Bussang, dire qu’il ne pas servi ou apporté grand-chose serait mentir. Et même si mon incarcération peut laisser croire le contraire. Ce peu de théâtre vécu a réveillé en moi cette envie d’être un homme bien. Ce partage de sentiments, d’émotion, m’a donné la conviction que le bonheur existe, en m’apportant ce nouveau regard sur le monde. Ces bons souvenirs, ces choses apprises, de passer au-delà des apparences, de travailler, fournir l’effort, que cela paye, cette rigueur. ” Donc c’était un des deux. Et le deuxième a répondu la chose suivante : “ Que le projet théâtre n’est pas une solution miracle, et ne peut agir sur certains évènements de la vie, même s’il intervient sur un très grand nombre. Il me reste à ce jour beaucoup de chose des projets théâtre, car cela m’a permis d’acquérir la patience, la rigueur, la tolérance. De pouvoir voir les choses autrement que celles de mes vieilles habitudes, par tout cela réaliser un travail positif fait sur moi-même, et qui continue jusqu’à ce jour. De très beaux souvenirs du commencement du projet à Bussang. Toutes ces choses m’appuyant constamment dans ma vie de tous les jours. ” Voilà la réponse des deux personnes dont on parlait dans le générique.

Extrait de débat sur le document vidéo « Un bateau pour l'Europe »
 Espace Daniel-Sorano, 29 novembre 2001