Et après... c'est demain.                             
             
De juillet à octobre : le déroulement d'un projet théâtral

Ils sont treize, venant de neuf coins du monde : Algérie, Soudan, Ethiopie, Cameroun, Turquie, Tchétchénie, Népal, Inde, Sri Lanka, Equateur… Depuis six mois, ils apprennent le français ensemble et préparent leurs projets professionnels. Neuf d’entre eux comprennent mal et s’expriment difficilement en français. Le travail sera dirigé par Gérard Gallego, metteur en scène, assisté d’Isabelle. Marlène prendra des notes et jouera dans le spectacle.

Du 5 au 18 juillet 2006 : Cinq séances pour créer les textes et lancer le travail théâtral

Dès la première fois, le lundi 5 juillet, la séance se tient dans la vaste salle de danse de l’Espace Daniel-Sorano à Vincennes. Ils sont 10-13 les trois premières séances, puis ils sont plus nombreux à s’absenter, dans la formation, pour faire des démarches ? En cinq séances, il s’agit de faire connaissance, de mettre les participants en mouvement par des exercices, et d’amener chacun à s’exprimer, à raconter une ou plusieurs histoires, d’enregistrer ces histoires, et enfin de répartir les textes et commencer à les mettre en scène.

Le dialogue est riche même si la langue est un frein. « Vous parlez trop vite ». « Metteur en scène, c’est quoi ? » Les participants montrent curiosité et motivation mais ils ont du mal à maintenir la grande concentration dont ils ont besoin pour chercher à comprendre.

Du 30 Août au 27 septembre 2006 : Neuf à répéter le spectacle.

Au retour des vacances fin août, ils ne restent que neuf à poursuivre la formation comme au projet. Le premier objectif de tous les stagiaires est de trouver du travail, trois des plus à l’aise en français sont partis. La première urgence : que chacun connaisse bien son texte, qui est l’histoire d’un ou d’une autre. 5 septembre : première répétition générale.

Travail sur chaque scène, les entrées, les sorties, la voix, ajustements continuels, exercices de dynamisation… Amir n’a pas envie de jouer, finalement il s’occupera de la régie. Mercredi 27 septembre, le spectacle est bien en place avec huit participants sur scène.


 

Du 2 au 5 octobre 2006 : Trois défections soudaines et deux spectacles.

Fin septembre, un participant est hospitalisé pour une fracture à la jambe, une participante se retire pour deuil de famille. Lundi, la veille du spectacle, il faut tout réorganiser et simplifier, Marlène et Isabelle reprennent des rôles au pied levé, d’autres participants aussi. L’un d’eux lâche à son tour.

Finalement, mardi 4 et mercredi 5, ils seront sept à monter sur scène Kanisdala, Patricio, Solomon, Sorala, Tharani, avec Marlène et Isabelle, soutenus par Amir en régie. Ils sont bien accueillis par les spectateurs et expriment leur satisfaction à la réunion bilan le jeudi 6 octobre.

Après le 5 octobre : Valorisation vidéo et sur internet.

Dès la semaine suivante est programmée une période en entreprise : les "comédiens d'un jour" sont immédiatement réinvestis sur leurs projets. Les spectacles sont captés en vidéo, ainsi que les d'interviews après le spectacle et la réunion bilan. A partir des notes prises par Marlène au jour le jour, du décryptage d'interviews, d'images du spectacle, de photos prises au cours des répétitions, nous pouvons présenter un témoignage vivant sur ce "projet collectif", aventure collective et individuelle aboutissant à un moment de théâtre.